12 mai 2008
Litli au féminin
Dans une école élémentaire du centre de Reykjavik, Severine Thevenet a rencontré une classe d'enfants âgés de 8 à 10 ans. Rosa Elin Davidsdottir l'accompagnait, qui lui servait aussi d'interprète auprès des enfants qui n'étaient pas anglophones. Certains d'entre eux ont dessiné Litli, mais une petite fille a eu l'idée d'inventer Litla, la petite sœur de Litli, perdue dans la nature avec son baluchon. Severine se souvient surtout de ce que Litla aimait bien le rose et qu'elle était partie à la recherche de son frère.
Ici, très loin de Reykjavik, deux petites filles du village viennent d'amener au local la vipère qu'elles sont très fières d'avoir capturée à mains nues. La plus courageuse des deux tient la tête du serpent entre ses doigts, «c'est comme ça que j'ai vu faire à la télé». Son petit frère l'a pourtant prévenue : les pythons ça peut vous cracher dans les yeux ! Alors elle porte les lunettes noires de sa maman.
A
Reykjavik Saga a 12 ans et sait déjà qu'elle deviendra écrivain. Elle a
écrit pour Severine l'histoire de Litli sans famille. Il est seul,
triste et se souvient que sa famille habite quelque part en Islande.
C'est en partant chercher les siens qu'il rencontre un premier elfe. La
suite, il faudra la traduire, puis la donner à lire.
Thór et Litli
Bien
avant que Litli ne devienne un livre, alors qu'elle séjournait en
Islande, Severine a rencontré Thór Vilhjámsson à deux reprises, à deux
ans d'intervalle. T. Vilhjámsson est un écrivain islandais qui a vécu à
Paris et traduit dans sa langue certains des livres de Marguerite
Yourcenar, d'Umberto Eco ou, bien plus périlleux encore tant leur
langue est chargée de trouvailles, ceux de Raymond Roussel et de Victor
Segalen. Comme souvent les voyageurs, Severine inscrit dans ses carnets
la teneur de ses conversations et c'est un stratagème précieux pour qui
veut déjouer l'oubli, sauver un peu des mots qu'on prononce et ceux
qu'on entend. En juillet 2007, alors qu'elle était venue travailler la
maquette de Litli à Vaillac, pendant ces longues journées d'été où nous
cherchions avec Catherine le bon chemin entre phrases et photos, un peu
inquiets à l'idée de se perdre dans le dédale des images, Severine m'a
raconté les remarques de Thór Vilhjámsson sur son projet de livre. Il
venait d'en découvrir les premières photographies déjà reliées comme un
livre et il avait eu, lui aussi, ce sentiment que j'éprouverais
quelques semaines plus tard en découvrant les mêmes images : il y avait
dans l'ébauche de ce livre un présent, quelque chose qui s'offre comme
un cadeau au regard et dans son enthousiasme, T. Vilhjámsson avait
imaginé le pire : les éditeurs ne cherchent plus que des produits
rentables et ce projet de livre est trop différent, trop inclassable
pour trouver sa place dans le marché du livre.
Thór
Vilhjámsson est un écrivain de la démesure. Régis Boyer, l'un de ses
traducteurs en français, écrit qu'il est bien dommage que sa langue
soit si difficile, si rebelle aussi à la traduction en raison de sa
passion néologique et de ses jongleries syntaxiques. Dans l'un des
romans qu'il a traduit pour Actes Sud en 1991, La mousse grise brûle, Thór Vilhjámsson écrit en parlant de l'Islande : «
A l’instant même, il se trouva dans une autre réalité, dans un autre
pays où rien ne ressemblait à celui-ci, où les forces primitives
étaient aux prises. Le temps y était si vaste que sa vitesse
s’abolissait. Avec des gens qui n’avaient rien à voir en face de ceux
d’ici, des gens qui tiraient leur croissance et leur force de la peine
que chacun avait à atteindre l’autre, chemin aride de l’un vers
l’autre, long chemin. Silence. » C'est bien ce pays que Litli est
allé arpenter, comme si d'instinct Severine devinait que ces terres
inhabitées convenaient seules à son récit de la soliquiétude. Je crois
que la rencontre entre l'auteur de ces lignes et les premières images
de Litli a donné la certitude à Severine qu'elle devait aller au bout
du livre imaginé. Ce n'est pas rien. Alors merci au vieil écrivain qui
a su voir, le premier, la force d'un livre encore à naître.
T.
11 mai 2008
Atelier "Litli" à Reykjavik
Séverine
Thévenet a animé dimanche 27 avril un atelier destiné à un jeune public
à la Bibliothèque de la Ville, Tryggvagata. Elle a également accueilli
vendredi 25 avril sur le lieu de l’exposition des élèves de
Hvassaleitisskóli
Lors de ces ateliers, les enfants ont visité l’exposition, puis ont raconté ou dessiné leur histoire de "Litli".
Vous pouvez retrouver les textes et les dessins des enfants à la Bibliothèque de la Ville, ainsi que sur le blog de "Litli"
Les enfants qui n’ont pas pu participer à ces ateliers mais qui souhaiteraient partager leurs textes sur Litli peuvent les envoyer à Séverine Thévenet
28 avril 2008
Face aux enfants de Reykjavik

Severine Thevenet et Yumi dans une école de Reykjavik
J'ai raconté Litli à mon neveu de presque quatre ans. Je lui ai
lu sans qu'il ne dise un mot ou presque, sauf le crocodile et la
panthère dans les rochers. Je lui ai raconté avec la même attente que
lorsque je raconte un livre à quelqu'un que j'aime, j'avais peur qu'il
n'aime pas. Quand on a fini l'histoire, il a voulu la relire. Et la
relire encore. Il a tout raconté lui-même, en mélangeant mes mots aux
siens. Noé est venu par-dessus son épaule pour écouter et regarder.
Quand il a vu la photo de Severine à la fin du livre, avec Litli dans son dos, il m'a dit "c'est la maman de Litli ?".
Un peu après, il a serré le livre contre lui, et il m'a dit "c'est pour moi ? je peux emmener Litli dans ma maison ?"
ah oui, j'oubliais. Il pleuvait depuis deux jours et ce matin-là,
enfin, la pluie avait cessé. On devait aller pique-niquer dans la
montagne, Igor ne parlait que de ça. Quand on a refermé Litli, j'ai dit
"bon, on y va ?". Et Igor a dit "youpi ! on fait comme Litli
maintenant, on voyage !"
24 avril 2008
Continuer le voyage

Une photo inédite de Litli dans un paysage de volcans
Severine nous écrit ce matin. L'exposition est accrochée aux murs de la bibliothèque, à Reykjavik. Trente photos de Litli, à qui les enfants Islandais viendront rendre visite tout au long du mois de mai. En juin, les photos changeront de maison et iront à Skriðuklaustur dans l'ancienne demeure de l'écrivain Gunnar Gunnarson ( La nuit et le rêve, Oiseaux noirs, le Berger de l'Avent ), devenue un lieu d'exposition et un Institut perdus au milieu de ces paysages que Litli parcourt dans le livre. L'ancienne ferme est située à 40 km de la ville la plus proche. En France, les photos de Litli seront montrées à partir du 12 juin à la médiathèque de Pradines, près de Cahors, puis en juillet aux Rencontres Internationales de Photographie à Arles, dans les murs de la librairie Harmonia Mundi.

L'Institut Gunnar Gunnarson, en Islande
Gunnarsstofnun - Skriduklaustur
IS-701 Egilsstadir - ICELAND
22 avril 2008
Image du petit garçon qui s'en va tout seul

Litli en Islande © Severine Thevenet & Où sont les enfants ?
C'est un message reçu de Nathalie, qui anime le site Lecture & Cie :
«
En passant... vous livrer simplement les impressions de mes enfants
suite à la première lecture que je leur ai faite de l'album "Litli
Soliquiétude"... Le plus grand (8 ans 1/2) : "C'est vraiment étrange,
il est tout petit dans le monde qui est gigantesque à côté de lui... je
crois qu'il voudrait devenir grand". Le plus petit (4 ans 1/2) : "Il
marche tout seul sur son chemin à lui." "Il est heureux quand il dort
dans l'herbe, il est tout bien".
Voilà... ils en ont reparlé ce matin au petit-déjeuner, le plus petit voulait revoir les "images du petit garçon qui s'en va tout seul", le plus grand m'a dit que ce livre "on dirait un peu de la poésie"... Bon chemin à Litli ! »
17 avril 2008
Parole d'enfant

Un enfant devant Litli, à Sucé-sur-Erdre : Maman, regarde, on dirait un nain de jardin bébé !
Belle rencontre !!
Ce message a été posté en commentaire sur le blog d'une libraire, suite à un article présentant Litli avec enthousiasme.
« Samedi
après midi je flânais dans une librairie (espace culturel du Centre
Leclerc de GAP), je cherchais un livre pour mon petit garçon (et un peu
pour moi aussi!!) et tout à coup je découvre "Litli": j'ai
immédiatement senti un truc particulier sans même l'avoir ouvert. C'est
une petite merveille de pureté, les photos sont sublimes et pour ma
part ce livre fait directement appel à l'enfant qui est en moi ! Quand
je l'ai offert à mon enfant (en lui demandant de me le prêter un peu
quand même!!) il est immédiatement rentré dans l'histoire, il a tout
observé ! pour lui LITLI rêve et quand il rêve il a plus peur d'aller
voir ce qu'il ne connait pas!!et du coup ça l'aide à dormir, il met son
livre sous son oreiller depuis samedi soir; mon mari a adoré aussi
,chacun le lie et se l'appropie à sa façon.Pas de doute c'est le plus
beau livre pour enfant ( et pour grand !)que je n'ai jamais
rencontré!je vais passer le message autour de moi...à quelques
personnes qui ont une bonne capacité à faire appel à l'enfant qui est
en eux! merci! »
Kikou.
Raconte-nous "Litli"
Litli est un livre à raconter.
Pour voyager, pour inventer, après avoir suivi Litli au fil des pages, raconte-nous si tu en as envie ton histoire, ton voyage, tes rencontres. Raconte-nous ton histoire de Litli sur mon mail ou en commentaires et je le diffuserai sur le blog dès que je l'aurai reçu. Tu peux aussi envoyer un dessin sur seve@1-visible.com
Alors à bientôt
16 mars 2008
Le dixième livre d'Où sont les enfants ?
Litli Soliquiétude
Séverine Thevenet
Texte de Catherine Leblanc
Litli est le dixième livre d'Où sont les enfants ?
La dixième aventure. Avec ce drôle de mot, soliquiétude, qui mélange la
solitude à la quiétude, le silence à la sérénité. Litli veut dire
« petit », en islandais. C'est un petit bonhomme, dans une ville en
noir et blanc, qui « marche toujours sur les mêmes lignes ». Mais il y
a la couleur, ailleurs, sur les murs de la chambre et bientôt sous ses
pas. « Si tu regardes longtemps, même une pierre finit par s'ouvrir ».
Un livre – un beau livre – c'est un voyage. On laisse les villes, et
les pavés, et l'habitude et on « fait naître le monde », ailleurs. Les
mots de Catherine Leblanc s'effacent lorsqu'il n'y a rien à dire de
plus que ces géants dans le paysage. La dernière image montre Litli
dans une chambre en couleur. La photo au mur est en noir et blanc.
Entre la première et la dernière image, Litli a trouvé. Ce que l'on ne
trouve peut-être que dans l'ailleurs et la solitude, ce que l'on ne
trouve peut-être qu'en dehors de soi. L'invisible ?
Madeline Roth
Pour tourner les pages de Litli Soliquiétude :
http://ousontlesenfants.hautetfort.com/album/litli_soliquietude/
Editions Où sont les enfants ?
Derrière la rue - 46240 Vaillac
Courriel : osle@wanadoo.fr
Site : http://ousontlesenfants.hautetfort.com/
Tél : 05 65 31 13 42
Fax : 05 65 21 61 03
La photo a plein d'histoires à raconter aux enfants






